
Tenir son téléphone en main au volant coûte 135 euros et 3 points, même à l’arrêt à un feu rouge ou dans un bouchon. Les écouteurs et oreillettes sont aussi interdits.
Depuis une instruction du 29 septembre 2026, tous les préfets sont invités à suspendre le permis pour le seul téléphone tenu en main, jusqu’à 6 mois, sans attendre le juge et sans qu’une autre infraction soit nécessaire.
Le permis n’est pas retiré sur place pour le téléphone seul : le préfet décide ensuite, après vous avoir permis de présenter vos observations. Ce délai est votre première occasion de vous défendre.
La suspension préfectorale se conteste devant le préfet puis le tribunal administratif, et l’infraction elle-même devant le juge pénal. Payer l’amende revient à reconnaître l’infraction.
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ToggleUn SMS lu à un feu rouge, un appel décroché dans un bouchon, un GPS reprogrammé en roulant : ces gestes du quotidien peuvent désormais coûter bien plus qu’une amende. Le 29 septembre 2026, le ministère de l’Intérieur a demandé à l’ensemble des préfets d’utiliser une possibilité que le Code de la route leur offrait déjà, mais que seule une vingtaine de départements appliquait : suspendre le permis de conduire pour le seul fait de tenir son téléphone en main, sans attendre la décision d’un juge.
Si votre emploi ou votre vie familiale dépend de votre voiture, l’enjeu est considérable. Ce guide fait le point sur ce que dit la loi, ce qui change concrètement, la différence entre rétention, suspension préfectorale et suspension judiciaire, et les moyens de contester une décision.
L’article R412-6-1 du Code de la route pose deux interdictions pour le conducteur d’un véhicule en circulation :
Un véhicule arrêté à un feu, à un stop ou dans un embouteillage reste « en circulation » au sens du Code de la route. L’interdiction ne cesse que lorsque vous êtes stationné à un emplacement autorisé.
L’usage du téléphone tenu en main est une contravention de 4e classe. Les sanctions sont les suivantes :
| Sanction | Montant ou durée |
|---|---|
| Amende forfaitaire | 135 euros |
| Amende minorée (paiement rapide) | 90 euros |
| Amende majorée (paiement tardif) | 375 euros |
| Amende maximale si le juge est saisi | 450 euros |
| Retrait de points | 3 points, de plein droit une fois l’infraction établie |
| Suspension administrative (préfet) | Jusqu’à 6 mois |
| Suspension judiciaire (peine complémentaire) | Jusqu’à 3 ans, éventuellement limitée à la conduite en dehors de l’activité professionnelle |
Le retrait de points peut avoir des conséquences en cascade si votre solde est déjà faible. Pour les autres comportements sanctionnés au volant, consultez aussi notre guide sur fumer au volant et ses sanctions.
Le Code de la route permet depuis longtemps au préfet de suspendre un permis à titre provisoire lorsqu’il est saisi d’un procès-verbal pour une infraction passible d’une suspension judiciaire (article L224-7). C’est le cas du téléphone tenu en main, puisque l’article R412-6-1 prévoit une suspension jusqu’à 3 ans à titre de peine complémentaire.
Jusqu’ici, seule une vingtaine de départements utilisaient cette possibilité, avec des pratiques très variables d’une préfecture à l’autre. Une instruction du ministère de l’Intérieur du 29 septembre 2026 demande désormais à l’ensemble des préfets d’y recourir. Trois points sont à retenir :
Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle loi, mais d’un changement de pratique qui rend la suspension beaucoup plus probable partout en France. Les textes de référence (article R412-6-1 et articles L224-1 à L224-18 du Code de la route) restent inchangés.
Trois mécanismes différents peuvent vous priver de votre permis. Ils n’ont ni la même autorité, ni la même durée, ni les mêmes recours.
| Mesure | Qui décide ? | Quand ? | Durée maximale |
|---|---|---|---|
| Rétention immédiate (article L224-1) | Les forces de l’ordre, sur place | Téléphone tenu en main et une autre infraction constatée en même temps (vitesse, distance de sécurité, dépassement dangereux, priorité, etc.) | 72 heures, le temps que le préfet statue |
| Suspension préfectorale après rétention (article L224-2) | Le préfet | À la suite de la rétention | 6 mois |
| Suspension préfectorale sans rétention (article L224-7) | Le préfet | Sur la base du procès-verbal, désormais pour le téléphone seul | 6 mois |
| Suspension judiciaire (article R412-6-1) | Le juge pénal | Si l’affaire est jugée devant le tribunal de police | 3 ans, aménageable pour l’activité professionnelle |
Différence essentielle : la suspension préfectorale interdit de conduire tout véhicule nécessitant le permis, sans possibilité de l’aménager pour le travail. Seul le juge peut limiter une suspension à la conduite en dehors de l’activité professionnelle. Lorsque le juge prononce ensuite une suspension, la durée déjà subie au titre de la mesure administrative s’impute en principe sur celle qu’il fixe.
Les observations au préfet et les recours ont des délais courts. LexWeb Solutions vous met en relation avec un avocat en droit routier et automobile pour défendre votre permis. Vous pouvez aussi consulter notre annuaire des cabinets.
Pour le téléphone tenu en main sans autre infraction, le permis n’est pas retiré par les forces de l’ordre au moment du contrôle. La procédure se déroule ensuite en plusieurs étapes :
Attention : conduire alors que la suspension vous a été notifiée est un délit, puni de 2 ans d’emprisonnement, 4 500 euros d’amende et d’un retrait de 6 points (article L224-16 du Code de la route). Le refus d’obtempérer à un contrôle est encore plus sévèrement réprimé : voir notre guide sur le refus d’obtempérer.
La phase contradictoire n’est pas une formalité. Vous pouvez y contester la réalité de l’infraction (vous teniez un objet qui n’était pas un téléphone, l’appareil était posé sur un support, le véhicule était stationné) et exposer les circonstances : absence d’antécédents, usage indispensable du véhicule pour votre emploi, contraintes familiales ou médicales. La durée de la suspension étant fixée au cas par cas, des observations précises et justifiées par des pièces peuvent peser sur la décision.
L’arrêté préfectoral est une décision administrative. Il peut faire l’objet :
Les arguments portent alors sur la régularité de la procédure : respect de la phase contradictoire, compétence de l’auteur de l’arrêté, motivation, proportionnalité de la durée. Ces recours relèvent du droit administratif : la fiche métier de l’avocat en responsabilité administrative explique son rôle.
Indépendamment de la suspension, vous pouvez contester l’amende, dans le délai et selon les modalités indiqués sur l’avis de contravention (en principe 45 jours). Ne payez pas si vous contestez : le paiement vaut reconnaissance de l’infraction et entraîne le retrait des 3 points. L’affaire peut alors être jugée par le tribunal de police, qui peut relaxer, condamner, mais aussi prononcer lui-même une suspension.
Vérifiez aussi la régularité du procès-verbal : lieu, heure, description du véhicule et du comportement constaté. Si vous n’avez jamais reçu l’avis, lisez notre guide sur l’amende non reçue suite à une erreur d’adresse. Et si l’infraction a été relevée à partir d’une photo de votre plaque, notre article sur la photo de plaque d’immatriculation comme preuve d’infraction détaille vos droits.
La règle à retenir : le conducteur ne doit ni tenir l’appareil, ni avoir quoi que ce soit dans l’oreille.
| Situation | Autorisé ? |
|---|---|
| Téléphone tenu en main, même en haut-parleur | Non |
| Écouteurs, oreillettes filaires ou Bluetooth, casque audio | Non |
| Téléphone coincé dans le casque d’un deux-roues | Non |
| Kit mains libres intégré au véhicule, CarPlay, Android Auto | Oui, sans manipulation de l’appareil |
| Téléphone fixé sur un support pour le GPS | Oui, à condition de le programmer avant de partir |
| Téléphone utilisé véhicule stationné, moteur coupé | Oui |
Même avec un dispositif autorisé, une conversation qui vous distrait au point de commettre une faute de conduite peut engager votre responsabilité.
La loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 a créé les délits d’homicide routier et de blessures routières. L’usage du téléphone tenu en main y figure parmi les circonstances aggravantes (articles 221-18 à 221-20 du Code pénal). Les peines maximales sont les suivantes :
| Infraction | Avec une circonstance aggravante | Avec deux circonstances ou plus |
|---|---|---|
| Homicide routier | 7 ans et 100 000 euros | 10 ans et 150 000 euros |
| Blessures routières, ITT de plus de 3 mois | 5 ans et 75 000 euros | 7 ans et 100 000 euros |
| Blessures routières, ITT de 3 mois au plus | 3 ans et 45 000 euros | 5 ans et 75 000 euros |
L’ITT (incapacité totale de travail) est la durée, fixée par un médecin, pendant laquelle la victime ne peut plus accomplir les gestes de la vie courante. À ces peines s’ajoutent des peines complémentaires sur le permis. La personne poursuivie bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à sa condamnation définitive. Une condamnation est inscrite au casier judiciaire : notre guide explique comment effacer son casier judiciaire. Côté victimes, la page avocat pour traumatisme crânien présente l’accompagnement possible après un accident grave.
Assurance. Une suspension de permis doit souvent être déclarée à votre assureur, selon les termes de votre contrat, et peut entraîner une surprime, voire une résiliation à l’échéance. En cas d’accident responsable, le malus s’applique. Relisez vos conditions générales et, en cas de litige, l’aide d’un avocat en assurance automobile peut être utile.
Emploi. Si la conduite fait partie de vos fonctions, une suspension peut poser un problème sérieux. Une infraction commise pendant le temps de travail, avec un véhicule de l’entreprise, peut donner lieu à une sanction disciplinaire, comme une mise à pied disciplinaire, voire, selon les circonstances, être qualifiée de faute grave. Une suspension liée à un fait de la vie personnelle ne peut pas, en principe, justifier une sanction disciplinaire, mais elle peut avoir des conséquences sur le contrat si elle empêche durablement d’exercer le poste. Chaque situation s’apprécie au cas par cas.
Pas toujours. Si vous reconnaissez l’infraction et que vous n’avez pas besoin de votre véhicule pour travailler, payer l’amende et laisser passer la procédure est souvent la solution la plus simple.
Un avocat devient utile lorsque l’enjeu est important : permis indispensable à votre emploi, solde de points faible, suspension longue, procédure qui paraît irrégulière, ou accident avec des victimes. Il peut rédiger vos observations au préfet, engager un référé-suspension devant le tribunal administratif et vous défendre devant le juge pénal. Les honoraires sont libres ; la protection juridique de votre assurance auto ou habitation peut en prendre une partie en charge. La fiche métier de l’avocat en droit automobile détaille son intervention, et notre guide sur le permis et les stupéfiants présente un autre cas fréquent de suspension. Retrouvez tous nos guides en droit routier, ou utilisez notre service trouvez un avocat.
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ToggleSuspension préfectorale, contestation de l’amende, référé devant le tribunal administratif : faites-vous accompagner. LexWeb Solutions vous oriente via notre service trouvez un avocat. Vous pouvez aussi consulter notre annuaire des cabinets.
Oui. Le Code de la route le permettait déjà, et une instruction du ministère de l’Intérieur du 29 septembre 2026 demande à tous les préfets d’utiliser cette possibilité. Aucune autre infraction, comme un excès de vitesse, n’est nécessaire.
Au maximum 6 mois pour le téléphone tenu en main. La durée est fixée au cas par cas par la préfecture du lieu de l’infraction, selon les circonstances. Il n’existe pas de barème national.
Non. La suspension décidée par le préfet interdit la conduite de tout véhicule nécessitant le permis, sans aménagement. Seul le juge pénal peut limiter une suspension à la conduite en dehors de l’activité professionnelle.
Non. Un véhicule arrêté à un feu rouge ou dans un embouteillage est toujours considéré comme en circulation. Vous devez être stationné à un emplacement autorisé pour utiliser votre téléphone.
Oui, pour la navigation par exemple, à condition de ne pas le manipuler en roulant. Programmez votre trajet avant de partir. Le port d’écouteurs ou d’oreillettes reste interdit dans tous les cas.
Commencez par présenter vos observations au préfet lors de la phase contradictoire. Une fois l’arrêté notifié, vous pouvez former un recours gracieux, puis saisir le tribunal administratif, en urgence par un référé-suspension si nécessaire. L’amende se conteste séparément, sans la payer.